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Le cri de l'escargot ?
Jenny Lepage et Pascal Contival, comédiens de formation, mais aussi issus de l’école du Théâtre aux mains nues, dirigé par Alain Recoing sont les deux membres fondateurs de la Compagnie du cri de l’escargot créée en 2007.
Avec cette compagnie ils veulent défendre un théâtre éminemment visuel, où le corps et l’objet incarnent plus qu’ils ne racontent, un théâtre onirique et accessible fait d’images mentales empruntées aux mythologies contemporaines comme aux contes plus anciens, mêlant ainsi douceur et cruauté.
C’est avec Cécile Givernet, comédienne et marionnettiste et Vincent Munch, comédien et musicien que les 2 premières créations de la compagnie vont voir le jour. Jean Frédéric Noa, auteur et poète contemporain va leur offrir deux oeuvres sur mesure.
« L’enfant qui ne fermait pas les yeux » et « Moi…J’étais ou quand j’existais pas ? » ont trouvé leur point de départ à travers le questionnement à la fois simpliste et profondément métaphysique des enfants : la peur de l’obscurité et du monde du sommeil dans L’enfant qui ne fermait pas les yeux et la question de l’identité et de la naissance dans Moi…j’étais où quand j’existais pas ?
A travers ses deux récits initiatiques, la compagnie souhaite défendre une approche différente du spectacle pour enfant où les tabous, les questions existentielles, la part obscure du monde affleurent sans cesse, sous formes de questionnement, d’images mentales, comme le processus naturel de l’être en devenir.
Il n’y a jamais de vérité dans les créations de la compagnie du Cri de l’escargot, il y a des chemins, des sillages, la possibilité d’ouvrir sur le monde un regard décalé, souhaitant avant tout privilégier l’évocation sur l’éducation, inviter l’enfant à laisser épanouir sa liberté, son imaginaire avec ce qu’il contient de gracieux mais aussi parfois d’effrayant
C’est dans le prolongement de ces expériences dans le théâtre jeune public, que la compagnie souhaite élargir aujourd’hui ses créations en se tournant vers un public plus adulte, en recentrant son travail autour du corps de l’acteur. La création de la pièce de l’auteur uruguayen Carlos Liscano, Ma famille, si elle garde encore la tonalité du conte et un goût très marqué pour les questions de l’enfance, incarne résolument cette volonté d’évolution au sein de la compagnie. Les enjeux de cette nouvelle création sont principalement axés sur l’idée d’un théâtre plus visuel et physique que psychologique, un théâtre où le corps et l’image exultent, où les nouveaux médias aussi ont la part belle, un théâtre contenant les hybridations de son temps, en privilégiant une forme qui favorise les porosités entre plusieurs formes de spectacles vivants, telle que la danse contemporaine, mais aussi le cinéma et la vidéo. La pièce de Carlos Liscano est un cri de douleur mais aussi un cri du coeur, un cri d’amour dans la terreur, un nouveau cri pour l’escargot.
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